28.12.09

Où vivent les monstres...


La vie des monstres n'est pas simple et ressemble à s'y méprendre à celle des Hommes. Ils souffrent, ils aiment... et quand rien ne va plus, rêvent d'une famille unie. C'est tout le propos du film, la famille, l'amitié. L'union fait la force. Max, le petit homme, un garçon agité qui ne comprend pas sa famille. Sa grande soeur, sa mère (sans mari et avec un nouvel amant), tout cela lui semble hostile. Alors il est sans doute plus sauvage que les enfants de son âge. Il invente des contes merveilleux qui, comme la plupart des contes, sont un reflet féerique de la réalité. Au cours d'une de ses disputes avec sa mère, il s'abandonne totalement, court comme une petite personne perdue dans un monde chaotique. Il accède alors au monde où vivent les monstres. C'est là qu'il fait l'apprentissage de la tolérance, de l'altruisme. Aimer les autres avec leurs défauts (comme il devrait aimer sa mère dont on devine une vie tachetée de blessures). Ces monstres, Max va les adopter, ils sont paumés comme lui, nécessitent un leader, il va se proclamer leur roi. Et ça fonctionne, comme ça fonctionne très bien pour nous, spectateurs. Spike Jonze l'a dit lui-même, il n'a pas fait un film pour les enfants sinon un film sur l'enfance. Et nous, redevenons des enfants face à la beauté des paysages qui semblent nouveaux, tout en étant bien réels (les scènes ont été tournées dans des paysages australiens). Des décors naturels pour des monstres qui ressemblent à d'immenses peluches dodues aux expressions humaines. La joie, la tristesse, tout se lit sur leurs visages de monstres doux. L'amitié s'installe entre Max et Carol, une âme en peine qui voudrait retrouver les sensations de fraternité avec sa communauté monstrueuse et puis l'amour avec KW, en goguette avec des amis hiboux. Racontée comme ça, l'histoire, adaptée du célèbre livre pour enfants de l'Américain Maurice Sendak, semble réservée aux plus jeunes. Eh bien, allez le voir, et vous saurez que les monstres existent grâce à la magie de Spike Jonze. Un film qui, comme toujours chez le cinéaste de Dans la peau de John Malkovitch, évolue du côté du cinéma sans compromis. Des images caméra à l'épaule, à la photographie superbe (des paysages magnifiés par Lance Acord, directeur de la photo), en passant par la bande originale exquise qui ravira plus d'un amateur de pop-rock indé, du grand art. Pour finir, ceux qui pensaient que les monstres sont géniaux uniquement dans les livres et dans la tête des tous petits, seront surpris par la poésie sans mièvrerie proposée là.

© Corinne Bernard, décembre 09. Parution : www.vivreabarcelone.com

Donde viven los monstruos (Max et les maximonstres), un film de Spike Jonze. A l'affiche à Barcelone.

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