30.6.10

La modernité photographique (1918-1948)



© Joaquim Gomis, Rivière, 1949. (coll. privée). 

Par sa manière d'explorer le monde avec des photos-collages, des trompe-l’œil, des formes nouvelles inspirées par un environnement et des techniques sans cesse en mouvement... la photographie a connu un fabuleux essor en Europe, durant l'entre-deux guerres.  C'est ce que donne à voir l'expo « Prague, Paris, Barcelone, la modernité photographique de 1918 à 1948 », proposée au MNAC, à Barcelone. Durant la fin de la première Guerre mondiale, époque de grands changements industriels,  techniques et urbains, les artistes ont revu leur manière d'observer le monde contribuant ainsi à  l'émergence d'un nouveau regard porté sur le médium photographique. Laszlo Moholy-Nagy, lui-même attribuait deux naissances à la photo, la première, au XIXe, et la seconde, au XXe siècle. Si en Amérique la photo a atteint une valeur sociale marquée par des photographes tels que Paul Strand ou Lewis Hine, en Europe, les photographes appréhendent l'appareil photo comme le peintre son pinceau. Le photographe ne montre pas uniquement ce qu'il a vu, il modifie, embellit (ou le contraire !), donne une nouvelle focalisation à travers une réalité plus subjective. Le musée barcelonais met d'abord en avant le vivier de photographes catalans tels que Joaquim Gomis, Gabriel Casas, Pere Català Pic... qui s'employaient à rendre des paysages urbains, des corps... étranges ou différents. Ainsi, Gabriel Casas et son photo-montage d'un bolide qui semble une machine infernale composée d'une multitude de pièces, pas-de-vis, rouages (Sans-titre, 1930). De même, Pere Català Pic et Industrias Graficas Cantin (1935), offre un montage fait d'une surimpression où l'on distingue les rotatives d'une imprimerie, des ouvriers affairés. La machine domine. Ces deux photos sont semblables par la technique et glorifient l'industrie, lui donnant une aura fascinante. On entend le bruit des machines.
Ballet mécanique
Dans la même veine, Fernand Léger, proposait en 1924, un film intitulé Ballet Mécanique et qui soulignait aussi cette espèce de fascination pour la cadence des machines. Le bruit, les formes, le métal. Toujours dans l'image étonnante par ses trucages où l'on utilise toutes sortes de « magies » pour changer l'objet photographié et du même coup, le regard du spectateur, il y a Ladislav Emil Berka.  Prague en surimpression, architecture de la rue Parizka, (1929-1933), ce sont deux bâtiments classiques qui se chevauchent. La surimpression en reflet, comme regarder dans une vitrine. Du côtés des « Ombres » (intitulé de la 3e salle de l'expo), le Tchèque Frantisek Drtikol (1883-1961) représente l'Art Nouveau et cela saute aux yeux par ses formes géométriques, ses perspectives qui épousent le corps féminin, nu, tendu, athlétique, et dont on ne voit pas le visage. Un visage caché par trois cylindres qui s'entrecroisent dans un triangle parfait, à l'intérieur duquel la jambe forme un parallèle avec ces colonnes que le corps semble soutenir. Brassaï (Hongrie, 1899-1984) photographe de la nuit, immortalise les villes, leur ponts et réverbères. Et un simple pavé à peine éclairé revêt une forme quasiment surnaturelle et inquiétante (Les pavés, 1931-1932). 
La photo ludique
On passe aux « Images automatiques », autre partie de cette grande expo. Est-il possible alors d'oublier Man Ray ? L'orfèvre de l'illusion d'optique, l'ami de Duchamp, du groupe Dada. Avec lui, la photographie est élevée au rang d'art pur, et nous ne sommes finalement qu'à ses prémisses. Candélabre de verre (1928), est comme un amusement. Man Ray nous guide vers ce que notre oeil ne peut voir. Les formes deviennent autres et il le montre de manière légère avec une photo en forme de radiographie (grâce au procédé de la Rayographie qu'il utilisera souvent). 
Les photographes n'ont de cesse d'explorer de nouvelles techniques telles que la solarisation (Sans titre, Aurel Bauh,  1929) ou le photogramme. Pere Catala Pic, Jaromir Funke et d'autres, s'amusent avec des objets aussi banales qu'une paire de ciseaux ou de petits tubes pour obtenir des images inédites. La photo est ludique, permet toutes les extravagances. Les artistes n'oublient pas le domaine de la publicité. La dernière salle est consacrée à toutes sortes d'images magnifiant les parfums, chocolats, bijoux, boîtes d'aspirine... Ainsi, le Catalan Ramon Batles, pour un rouge à lèvres  (1933-1936), Josep Massana  pour la ligne de gaines « Harlow » où apparaît une pin-up à l'américaine. 
Dans la salle qui précède, Joaquim Gomis émerveille avec ses corps fragmentés. Un pied délicatement posé sur le sable, une nuque ou un sein à peine soulignés par une ombre. Poésie épurée portée par les ombres et les nuances de lumières. 


© Corinne Bernard, juin 2010. (Parution www.vivreabarcelone.com)




Exposition visible jusqu'au 12 septembre 2010 au MNAC (Museo Nacional d'Art de Catalunya), Parc de Montjuic, Barcelone. Du mardi au samedi, de 10 h à 19 h, dimanche et fêtes, de 10 h à 14 h 30. www.mnac.cat

24.6.10

La Fille du RER


 Emilie Dequenne (Jeanne), © Vertigo Films, Spain.
                        


Jeanne et Louise, sa mère, vivent en banlieue parisienne. Mais ce n'est pas le bagne.  André Téchiné nous débarrasse des clichés sinistres et c'est tant mieux, on respire. Jeanne a tout de la jeune fille comme les autres, légèrement paumée à l'heure des choix. Jusqu'à ce qu'elle s'entiche d'un garçon prêt à tout pour faire le beau, gagner de l'argent, y compris, s'impliquer dans un trafic de drogue qui termine mal. Elle cherche vaguement du travail et vient de se voir refuser un poste dans le cabinet d'un avocat de confession juive qui a été un ancien prétendant de sa mère. Le sentiment de ne pas être aimée, d'être flouée par la société, va la mener à inventer un fait "exceptionnel" dans sa vie. Inspiré d'un fait divers de 2004 qui avait fortement secoué l'opinion publique à cause d'une « surmédiatisation » et d'un climat propice à toutes les parano... Une jeune femme avait prétendu avoir été la victime d'une agression antisémite dans le RER. Dans un climat déjà tendu en raison de multiples sauvageries de même caractère, tout le monde l'avait cru malgré l'absence de témoins et aucune preuve tangible. Elle avait ensuite avoué son mensonge. Ici, le réalisateur des Roseaux sauvages, celui de l'adolescence, ou plutôt de cet âge incertain entre adolescence et vie adulte, sonde à  nouveau l'âme d'une jeunesse égarée. Émilie Dequenne est éclatante. Personnage fragile, pas tout à fait sur terre... au fil des scènes, on sent bien que Jeanne va craquer, mais elle le fait sans cri. La violence vient finalement des autres. Elle est une victime. Victime de son propre mensonge. Malgré la noirceur du propos, -où le cinéaste pose aussi la question de "l'arroseur arrosé" : qui manipule qui? À qui a profité cette affaire?- le film est lumineux. La réponse aux questions est donnée par l'avocat, interprété par Michel Blanc (toujours très bon!), lors d'une conversation avec la mère de Jeanne (Catherine Deneuve)... Du côté de l'image, André Téchiné a fait un film solaire, il ne dépeint pas une banlieue misérable et quand sa caméra se promène à la campagne (où se trouve la maison de l'avocat), elle est presque irréelle. Une belle oeuvre à ne pas manquer pour tout ça et pour se souvenir que la manipulation politico-médiatique est facile...
© Corinne Bernard, juin 2010. Parution : www.vivreabarcelone.com
La chica del tren (La fille du RER), d'André Téchiné, avec Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc, Mathieu Demy, Nicolas Duvauchelle... à l'affiche en Espagne à partir du 25 juin, en v.o au cinéma Renoir Floridablanca.

18.6.10

Villa Amalia... Changer tout


« Je veux éteindre ma vie d'avant », confie Ann (Isabelle Huppert), à son ami Georges (Jean-Hugues Anglade), au moment de tout quitter. Ann est une pianiste et concertiste de renom, elle a tout pour elle. Mais un soir, elle aperçoit Thomas (Xavier Beauvois), son compagnon depuis quinze ans, avec une autre dans un pavillon aux abords de Paris. C'est comme un életrochoc. Comme si elle se réveillait d'un long sommeil. Après cela, elle décide de partir, de fermer la porte à sa vie aisée. Changer tout. Elle quitte Thomas, vend son appartement, brûle ses disques, jette son téléphone portable, dit adieu à sa mère. Face à l'étonnement de Thomas et de Georges, elle réagit comme une femme libre de tout, le matériel, les sentiments... Se débarrasser de sa vie d'avant pour renaître, c'est le propos du film de Benoît Jacquot. Inspiré du roman de Pascal Quignard. Villa Amalia est déjà la cinquième collaboration Huppert-Jacquot. On comprend tout à fait la passion du cinéaste pour son actrice. Ce rôle est fait pour elle. Isabelle Huppert incarne l'intelligence, la beauté, la femme indépendante. On l'assimile souvent à des rôles d'écorchée vive, border line (chez Haneke, Chabrol...). Ici, il y a forcément de la folie aussi. C'est une femme désireuse de liberté totale et quelle meilleure idée pour être libre, que d'envoyer le passé aux oubliettes? Elle n'est pas haineuse, n'a pas de ressentiment, elle revoit même son père, un musicien autoritaire, avec qui elle n'avait jamais eu aucun lien (une des grandes scènes du film). Se comporte avec lui de manière civilisée, lui faisant quelques reproches vite dépassés par la possibilité du pardon. Car si on lui a fait du mal, Ann pardonne. Elle se retrouve en Italie, dans une maison isolée de tout, au bord d'une falaise. On pourrait croire à un anéantissement, à une solitude sombre, mais ici le précipice se transforme en horizon...
© Corinne Bernard, juin 2010. Parution www.vivreabarcelone.com
Villa Amalia, de Benoît Jacquot, avec Isabelle Huppert, Jean-Hugues Anglade, Xavier Beauvois...  À l'affiche en Espagne.

12.6.10

Serge Gainsbourg, une vie






Tony Frank est le photographe de la couverture de Melody Nelson. Son livre, Serge Gainsbourg, raconte en photo la part intime du musicien, backstage et en famille. Avec Gainsbourg, vie héroïque, de Joann Sfar, 2010 est l'année Gainsbourg, définitivement. Le film s'accompagne de la sortie de nombreux ouvrages sur le "sujet " Gainsbourg. Il flotte avec lui, son image, un air de mélancolie et de fierté. Comme si la culture hexagonale se cherchait un nouvel étendard à travers une icône intemporelle. Un emblème. Car il était celui qui osait contrecarrer "l'establishment" de son pays et toute forme d'autorité. En ce sens, Gainsbourg le révolté savait mieux que personne ce que signifie être soi-même. Parfois avec excès (le billet de 500 francs brûlé sur un plateau télé). Mais qui d'autre mieux que lui aurait pu crier sa révolte face aux figures imposées?
Des photos de famille avec Jane
Que l'on soit de France ou d'ailleurs, Gainsbourg, c'est aussi Gainsbarre, la provoc', la décadence, le poète des temps modernes. Souvent maudit pour ses frasques. Tony Frank, a été pour lui bien plus qu'un photographe, c'était un ami proche de la famille. On le voit sur les photos de ce beau livre paru aux éditions du Seuil. Gainsbourg dans l'intime avec Jane. Les premières années avec elle, ils se sont rencontrés en 1968. Des photos d'eux en 1969, chez Régine, figure de proue du Palace et autres nuits parisiennes. Des baisers, pas volés, dans des jardins, les jeux d'un amour frais... Des moments complices partagés avec l'objectif. Jane, sur les montagnes russes de Battersea Park, à Londres, en 70. Ou encore, avec Kate dans les bras, dans la maison de Chelsea. Juillet 71, l'arrivée de Charlotte à Londres, tout juste quelques mois après sa naissance. Gainsbourg souriant avec la petite Charlotte dans les bras.
5 bis, rue de Verneuil
Et puis, le 5 bis, rue de Verneuil, l'appartement noir. Où chaque bel objet est à sa place. Serge Gainsbourg montre ses trésors au photographe, nous sommes dans son bureau, 1979. Une pile de livres, dont un sur Marilyn. Quelques exemplaires de la revue Le Film français, avec en couverture l'affiche de Je t'aime moi non plus, sorti en 1976. Sur une autre photo, il prend la pose. Un verre de vin à la main, une cigarette... Des vinyls du Poinçonneur des Lilas et d'autres albums sont dispersés à ses pieds. Plus tard, les années 80. Des prises de vue devant l'entrée du Palace. Son nom en capitales lumineuses. Il fume des gitanes, toujours, il porte sa veste de velours noir, rayée, une chemise blanche. Dandy aussi, M.Gainsbourg.
Charlotte for ever...
Il y a les années Charlotte. Sous l'oeil de Tony Frank, on sent la complicité père-fille. Des rencontres backstage, avant l'entrée en scène au Casino de Paris, 1985. Et puis, le trio Jane, Serge et Charlotte. Ou encore, le tournage du sulfureux Lemon Incest, au mois d'août de la même année. Une chanson mal comprise. Serge Gainsbourg répondait pourtant aux accusations ambiguës en soulignant l'importance du refrain : "L'amour que nous ne ferons jamais ensemble est le plus beau (...)". Mais le public s'alimente de scandale. Charlotte aura été l'une des ses dernières muses. Le livre compte d'autres images qui raviront les admirateurs mais aussi ceux qui recherchent les témoignages d'une époque. On trouve par exemple, les prises de vues de 1971 pour le 33 t L'Histoire de Melody Nelson. Birkin a les cheveux rouges. L'ouvrage se referme sur ses dernières années. Avec Bambou, et leur fils, Lucien. "Le p'tit Lulu" comme il le nommait en souvenir du prénom qu'il avait porté, enfant. Le photographe de Salut les Copains, ajoute une touche intime et poétique sur tous ces instants partagés. Au fil des images, on s'imagine qu'un autre rendez-vous suivra. D'autres clichés rue de Verneuil.

© Corinne Bernard, juin 2010. Photo : © Tony Frank.

"Serge Gainsbourg", photographies de Tony Frank, 168 pages, 35 euros, éditions du Seuil.

11.6.10

Jacques-Henri Lartigue, monde flottant



                                           







Qu'est-ce qui peut pousser une personne à faire de la photo comme elle respire? La peur du temps qui passe? L'angoisse d'oublier les moments doux? Ce serait le cas de  Jacques-Henri Lartigue, sans aucun doute. Il utilisait l'appareil photo comme un troisième œil, une mémoire. Une forme de distance et de jeu avec le présent qui deviendra un moment précis, un souvenir. Le passé. Se promener chez Lartigue, c'est faire un tour dans sa vie légère. Le mouvement, la vie qui bouge et qui se marre. La liberté et l'insouciance même dans les moments de grande agitation (la Grande Guerre et plus tard, la IIe Guerre mondiale). Des moments d'agitations qui glissent sur la vie du photographe français et de son entourage. Les photos de Renée, Florette, Bibi, sa femme, Sizzou, son frère. La famille et les amis. La vie heureuse à Paris, les vacances à Royan, Hendaye, Chamonix, Tolède... Immortaliser le bonheur était celui de Jacques-Henri Lartigue. Né en 1894, à Courbevoie, il démarre sa longue carrière dès six ans quand son père lui offre un appareil photo. Il commence par photographier ses parents, sa grand-mère... Plus tard, l'hiver au ski, les étés à la plage. Plus jamais il ne quittera cette manie de tout immortaliser, malgré sa préférence pour la peinture. Car lorsqu'il n'est pas derrière son appareil photo, il peint, écrit aussi son journal. 
Photo-mémoire
Toujours cette peur d'oublier. La mémoire qui déraille effaçant les jours et les heures en compagnie de ceux qu'on aime. Dans les années 40 et suivantes, tandis que la photographie fait déjà figure d'art majeur aux États-Unis et s'expose dans les galeries et au MoMA, la France lui préfère encore la peinture, la sculpture...
La photo comme mémoire de l'instantanéité. Car, ces images là ont tout de l'instant volé, ces belles bourgeoises aux tenues parfaites qui se promènent avenue du Bois de Boulogne le dimanche matin... mais aussi de la complicité avec les proches qu'il s'agisse d'un séjour au ski ou de baignades à Royan. Des moments intimes en compagnie de Florette ou Bibi... Le bain de Sacha Guitry avec son amie, la comédienne Yvonne Printemps, et Bibi, un moment la tête dans l'eau, près du rivage (Le seul bain de Sacha, Royan, juin 1924). Le passage du président Emile Loubet, en calèche, traversant le bois de Boulogne comme un simple anonyme (Monsieur Loubet en calèche, 1905). Lartigue est très jeune mais sait déjà rendre compte de moments sortant de l'ordinaire. Ces moments flottant au sein d'une bourgeoisie légère sont ceux qu'il vit.
Les femmes sublimées
Comme les poètes, et Baudelaire en particulier, Lartigue semble adorer les femmes sophistiquées, maquillées, hâlées par des journées de bonheur au soleil. Sophistiquées même à moitié nues. Si ses premières photos de femmes sont prises d'un point de vue oblique, presque timide, avec l'âge, Jacques -Henri Lartigue convoque la sensualité comme personne et choisit un angle direct, le portrait. Et ces images de femmes, amantes, épouse... sont comme une ode à la féminité parfaite. Maquillées avec élégance. La volupté au bord des cils. La sensualité. Renée, et surtout Florette, les ongles longs et vernis, les bras relevés entourant un visage parfait aux lèvres charnues. Le regard de l'homme, non pas indiscret, sinon complice et amoureux. A l'époque, ni même aujourd'hui,  la photographie de mode elle-même ne sait créer de tels reflets de la féminité sublimée. Dans un autre registre, c'est sans doute la raison pour laquelle l'Américaine Diane Arbus l'avait quittée au profit des portraits de  freaks, plus beaux encore que ces images de femmes glacées face aux miroirs de pacotille.

© Corinne Bernard, juin 2010. Parution : www.vivreabarcelone.com

Crédits photos : J H Lartigue © Ministère de la Culture-France/AAJHL

« Un monde flottant », rétrospective Jacques-Henri Lartigue, à la Caixa Forum, Barcelone (av. de Ferrer i Guàrdia, 6-8) jusqu'au 3 octobre 2010. Du lundi au dimanche, de 10h à 20h, le samedi, de 10h à 22h. Entrée libre.